Pourquoi perdre du poids

L'effet yo-yo, ce terme inventé par Kelly D. Brownell de l'Université de Yale,

fait référence au mouvement d'un yo-yo, allant de son point le plus bas à

une remontée rapide vers un point plus haut. Cette terminologie est consensuelle,

validée dans la communication médicale et bien connue du grand public.

C’est une notion fondamentale, imagée, qu’il est très important

de bien comprendre.

 

L’effet yo-yo survient à la suite d’une perte de poids trop rapide

ou d’un changement radical d’alimentation. L’organisme souffre de cet épisode

restrictif et se conditionne à mieux stocker les graisses ingérées pour prévenir

les privations futures. Si bien qu’à l’arrêt du régime avec reprise

d’une alimentation normale, la rétention lipidique devient inadéquate et excessive, génératrice d’une reprise de poids égal ou même supérieur au poids de départ, alors même que l’apport calorique est moindre comparé à l’apport de calories avant l’instauration du régime.

 

C’est en quelque sorte une adaptation, une parade que l’organisme met en place pour résister à la privation. Plus la perte de poids est rapide, plus ce mécanisme adaptatif à la privation s’amplifie et aggrave l’effet yo-yo. Le mécanisme est complexe incluant une composante hormonale. La privation qui accompagne le régime modifie la sécrétion de certaines hormones en particulier la ghréline (stimulateur de l’appétit) et la leptine (génératrice de la sensation de satiété).

  Le régime provoque une diminution du taux de leptine, et une augmentation du taux de ghréline, ce qui se traduit par une augmentation de la sensation de faim. Cela contribue à expliquer que la reprise pondérale est souvent supérieure au poids perdu. De plus, au retour des anciennes habitudes alimentaires, s’ajoutent les effets émotionnels de l'échec de la perte de poids engendrés par un régime alimentaire restrictif, ce qui mène souvent à manger paradoxalement plus qu'avant l’instauration du régime.

 

La compréhension de l’effet yo-yo est fondamentale pour comprendre l’échec habituel des régimes et pourquoi on peut reprendre plus de poids qu’initialement après un régime, quand bien même le sujet reste vigilant à limiter l’apport calorique.On peut de façon schématique, scinder en 4 phases les effets délétères de la majorité des régimes :

 

  • Avant le régime, l’organisme absorbe physiologiquement et utilise seulement une fraction des calories ingurgitées. Imaginons sur une base 100 (colonne bleue de gauche) que l’organisme utilise 60%, soit 60 (colonne orange du milieu), alors que les besoins de l’organisme sont de 50. Il est donc en excès de 10 et prend du poids (colonne grise de droite).

  • Lors de la phase initiale du régime : le patient réduit son apport de 40% et n’apporte plus que 60 dont il utilise 60%, soit 36. Par rapport à ses besoins évalués à 50, il est en déficit de 14 et perd donc du poids de façon rapide.

  • Au cours du régime, l’organisme s’adapte vite à la privation et à l’aide de différents mécanismes utilise 85% des apports, soit 50, ce qui correspond à sa dépense. Il ne perd alors plus de poids.

  • Le sujet a atteint son objectif de perte de poids et élargit son apport calorique en restant vigilant à apporter moins. Il se contente d’apporter 80 (soit 20% de moins qu’avant son régime), mais en raison de l’adaptation physiologique, il utilise 85% de 80, soit 68. Il se retrouve donc en excès calorique de 18 par rapport aux 50 dont il a besoin et reprend alors plus de poids qu’avant l’instauration du régime alors même qu’il mange moins !

 

L’effet yo-yo est une réalité physiologique qu’il faut s’efforcer de minimiser par la progressivité dans la démarche de perte de poids, afin de réduire les mécanismes adaptatifs à la privation.

Cela souligne à nouveau le non-sens des recettes « miracles » qui promettent un résultat rapide, qui sont nécessairement vouées à l’échec au long terme. Il ne faut pas favoriser l’effet yo-yo par un objectif de « perte de poids à tout prix ».

Cela souligne qu’il ne faut pas céder au chant des sirènes des régimes ou des procédés « révolutionnaires » qui promettent un résultat spectaculaire sans vous contraindre longtemps. De telles assertions sont racoleuses, pour ne pas dire mensongères.

Les variations de poids ont également un effet délétère sur la santé. Une étude qui fait référence, publiée en 2017, avec un effectif conséquent de 9.509 patients, démontre que les patients présentent un risque significativement accru de complications cardiovasculaires et un

risque plus élevé de diabète de type 2 (qui ne dépend pas de l’insulinothérapie) en cas de fluctuations pondérales. (Bangalore S et coll.: Body-Weight Fluctuations and Outcomes in Coronary Disease. N Engl J Med., 2017; 376: 1332-1340)

 

La progressivité et la durée ne sont pas contournables et représentent les pierres angulaires d’une attitude diététique réfléchie.

 

Réduire le surpoids permet de
vivre mieux et plus longtemps

La plupart des études médicales estiment que le patrimoine génétique de l’individu intervient moins dans la durée de la vie, que la façon d’évoluer dans la vie.  Cela souligne bien que la façon de vivre, et en particulier le contrôle du poids, est déterminante pour prolonger la durée et améliorer la qualité de l’existence.

Mais, la décision de perdre du poids ne doit pas être vécue comme un combat générateur d’un nouvel échec. La dépression et la perte de l'estime de soi sont des conséquences fréquentes des échecs à répétition des régimes qualifiés « d’amaigrissants », que nous proposons d’abandonner. Définitivement, et sans réserve.

 

La décision de perdre du poids signifie nécessairement, et avant tout, de modifier sa façon d’évoluer dans la vie. Il faut reconsidérer beaucoup de choses sous un autre angle, en valorisant les aspects positifs. Chacun doit intégrer cela à sa réflexion et trouver les solutions les mieux adaptées pour lui-même.

Il faut changer son regard sur soi, sur ses proches, sur son environnement, sur la vie.

Dans cette perspective, il faut être créatif, ouvert, novateur et surtout toujours optimiste. « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité ; un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté » Sir Winston Churchill.

Plusieurs études ont montré que les optimistes vivent significativement plus longtemps que les pessimistes.

Il faut aussi abandonner nombre d’idées reçues.

 

Alors comment envisager de perdre du poids, sereinement, en ayant plaisir à le faire, meilleure garantie de s’inscrire dans la durée ?

Avec la trilogie gagnante, dans laquelle chaque élément est indissociable des 2 autres :

Toutes les orientations préconisées dans ce livre, basées avant tout sur la simplicité, l’optimisme et le bon sens, reposent sur des connaissances et des expériences acquises au fil des années de pratique médicale orientée sur la nutrition et les maladies de l’appareil digestif.

 

Les régimes restrictifs, contraignants, le plus souvent péremptoires, ca ne marche pas. Clairement. Alors pas la peine d’en proposer un énième.

©2020 par Docteur Bastid.